Mercredi, Mars 10, 2010

Nucléaire : un comité franco-algérien travaille à la décontamination des sites cinquante ans après les essais effectués par la France dans le grand sud


Un comité franco-algérien mis en place après la visite en 2007 du président Nicolas Sarkozy en Algérie, est chargé de réaliser une expertise des sites nucléaires, de dresser un état des lieux et de parvenir à un diagnostic établissant la dangerosité des lieux.

Le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci a souhaité le 19 janvier que ce groupe de travail puisse « réaliser des avancées » avant la visite à Alger de son homologue français Bernard Kouchner « dans les semaines à venir ». « Le problème n'est pas seulement celui de l'indemnisation mais aussi de la décontamination », avait-il auparavant insisté.

« Nous voulons surtout connaître la vérité et que les habitants de la région bénéficient d'examen médicaux approfondis », exige de son côté Abderahman Leksassi, vice-président de l'association du 13 février 1960, cité par l’AFP, qui demande « la construction d'un hôpital spécialisé dans le traitement des maladies provoquées par les radiations et de stations d'épurations d'eau ».

"Nous rejetons l'indemnisation, insuffisante, prévue par la loi française du 22 décembre 2009 car ce n'est pas avec quelques sous qu'on va régler un problème qui affecte plusieurs générations", a par ailleurs déclaré M. Leksassi

"Il est difficile d'estimer le nombre exact de victimes de ces essais nucléaires, car toute la région a été exposée aux radiations qui persistent et il n'y a eu aucun dépistage", a-t-il jouté.

La première bombe atomique française a explosé le 13 février 1960 à 7h04 locales près de Reggane dans le grand sud, au cours de l'opération Gerboise bleue. Trois autres essais nucléaires atmosphériques suivront, avant que le site ne soit déplacé plus au sud près de Tamanrasset, où 14 autres essais souterrains seront réalisés.

"La région comptait entre 16 et 20.000 habitants, et on n'a tenu aucun compte des nomades qui traversaient la région", a indiqué Mohammed Bendjebbar, qui dirige l'Association algérienne des victimes des essais nucléaires (AAVEN), cité par l’AFP.

Selon lui, inconscients du danger, ces nomades « ont ramassé tout ce qui pouvait leur être utile: des déchets métalliques hautement radioactifs, tel que bidons, fûts et autres objets laissés par les Français ».

Depuis lors,  « aucune décontamination sérieuse n'a été effectuée par la France » et dans certaines zones près de Reggane, « la radioactivité ambiante est aujourd'hui de 22 fois supérieure aux normes internationales », affirme M. Bendjebbar.



Ajoutez ce contenu dans votre réseau social favoris
Reddit! Del.icio.us! Mixx! Free and Open Source Software News Google! Live! Facebook! StumbleUpon! TwitThis Joomla Free PHP

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Nos editions locales