Hamas et le Mossad… pour que le monde sache
Place alors au concert des voix victorieuses qui remercient Dieu d’avoir aidé à la purification d’une terre de naissance et de pèlerinage des prophètes, lieux saints où se dressent majestueusement la basilique du Saint Sépulcre, le Dôme du Rocher et, en contre bas de l’édifice, le Mur des lamentations : Jérusalem Est pour laquelle l’un et l’autre prennent déjà à témoin le monde et promettent, le premier de mobiliser un milliard de musulmans pour exterminer le second, et le second d’user de l’arme nucléaire pour réduire en cendre les troupes du péril vert.
Relents de fin du monde ? « Voire ! », ironiseraient les dirigeants de l’AIPAC et des associations sionistes actives sur le sol américain. Leur assurance vient de ce que Hamas est une création des services israéliens. Lesquels devaient, en prévision d’une deuxième ou troisième intifada, dresser contre chaque palestinien se défendant avec une fronde ou une kalachnikov un islamiste palestinien usant d’une tire boulettes ou d’une quelconque arme automatique. Une démarche payante jusqu’au jour où, forts des exemples des talibans et du hizbollah, les successeurs d’Ahmed Yassine décident de sortir d’un giron pour intégrer un autre : l’internationale islamiste.
Depuis, le discours sur l’ennemi sioniste et le danger laïc a fini par établir sa popularité. Hamas est désormais un acteur incontournable sur la scène proche orientale. Mais point un partenaire fiable. D’où la tentative de Netanyahu de faire reconnaître par le Fatah et non plus par le Hamas la judaïté de l’Etat sioniste.
Donc un Etat plutôt théocratique, voire raciste. Une preuve que le recommandation policière de juger pour corruption et blanchiment d’argent le ministre israélien des Affaires étrangères ne participe pas plus d’un renforcement de l’Etat de droit qu’elle ne vise à détourner l’attention de la nature réelle de l’Etat hébreux. Avant Avigdor Liebermann, Ariel Sharon avait eu à répondre de ses accointances avec un riche juif dont les affaires fleurissent en Afrique du Sud, et Ehud Olmert a payé de son poste de Premier ministre les délits de droit commun qui pesaient sur lui.
Deux mesures à travers lesquelles les vrais maîtres d’Israël, dédaigneux des mises en garde de la communauté internationale, croyaient faire suivre par le monde le mouvement du doigt pendant qu’il s’agissait de fixer du regard la lune. Le lobby sioniste qui fait et défait les présidents aux Etats-Unis ne saurait se livrer longtemps à ce rôle de marionnettiste intelligent et rire, dans le même temps, des autres peuples du monde, les non-juifs, moqués tels des imbéciles.
La réalité du pouvoir judiciaire en Israël, la démocratisation de la vie publique et l’alternance au pouvoir sont plutôt l’arbre alors que la forêt, elle, reste le refus de l’ «Autre», donc de tout non-juif «indésirable en terre promise». Une attitude qui devrait faire tressaillir d’horreur d’abord Washington, où le noyautage pousserait à rééditer à Naplouse ou à Gaza le précédent de Nagasaki ou d’Hiroshima.
L’évènement dont le Japon a commémoré, hier, un 64e anniversaire retransmis par les télévisions du monde entier. Pour que l’Amérique s’en souvienne, pour que le monde sache !












