Vendredi, Juillet 30, 2010

Edito

Zapatero, Ksentini et Tartuffe

Le président du gouvernement espagnol vient de faire une généreuse proposition qui pêche cependant ou par une ignorance académique ou par une inconscience politique.



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Bruit de bottes aux frontières, l’ONU avait-elle tort de déclarer la bande sahélo-saharienne «zone sécurisée» ?

Dix «criminels» qui attaquaient les civils dans le nord du Mali, près de la frontière algérienne, ont été arrêtés et transférés à Kidal (nord), a appris l’AFP de source administrative.



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"La Fin du judaïsme en terres d’islam"

L’ouvrage, la Fin du judaïsme en terres d’islam, fruit d’un travail collectif d’enseignants-chercheurs d’universités françaises ou israéliennes, et qui a été mené sous la direction de Shmuel Trigano, traite de l’exode de la quasi-totalité des communautés juives de leurs patries respectives au Moyen-Orient ou au Maghreb.



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Le blues de la blouse

Le ministère de l’Education nationale innove à rebrousse-savoir. En cette rentrée scolaire 2009 – 2010, on ne parle que de la couleur, ou des couleurs, du tablier de l’écolier. C’est la grande trouvaille du moment. A croire qu’il ne reste au gouvernement que cela à changer, à réglementer. La blouse de l’élève ! A se demander si le problème est dans l’uniforme… Allez savoir !



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Les succès qu’on peut

Pas de doute ! On pourra bien dire de notre été algérien que ç’en en fut un et de bien chaud en dépit de températures plutôt clémentes. Fétide comme un cloaque, miasmatique à volonté, politiquement esbroufeur, incandescent jusqu’à la fusion et la fission…La descente aux enfers ne ressemble pas au sport de parapente. Ce n’est pas nouveau, certes. Mais si les Algériens ont pris malgré eux l’habitude de faire contre mauvaise fortune bon cœur, ils n’arrivent pas toujours à changer le cours de leur génétique explosive.

La démonstration par l’émeute, latente ou incendiaire, meuble encore leur quotidien estival. Qui leur en voudra ? Non, il ne faut jamais s’habituer au malheur ni inviter à la résignation des faibles. Et avec ça, il s’en trouve d’inénarrables pour parler de rentrée, comme si le pays avait été vraiment en vacances, dans leur sens festif. Mais s’il y a un semblant de rentrée, elle a son accompagnement interrogatif. Dans le marigot aux relents insupportables de putréfaction, revient toujours une même question : quelqu’un peut-il dire où est l’Etat et, s’il existe encore, où il se trouve ?

La réponse, la première par son évidence et son enracinement, est celle d’une anomie très dangereuse qui est en train de rendre compte dans les faits d’un Etat en voie de décomposition avancée, avec une apparence incarnée par un pouvoir qui ne roule que pour lui-même, en déphasage total avec les tourments des citoyens. C’est quoi l’anomie ? Sa définition par les dictionnaires usuels est suffisante : «absence d’organisation sociale résultant de la disparition des normes communément admises ».

Remarquez comme une petite lettre au milieu du mot n’en change pas le sens. L’anomie, c’est l’anémie, à peine un interstice pour une confusion homonymique. Les deux sont des pathologies, des maladies qui peuvent avoir des conséquences graves sur les corps qu’elles habitent. Quelle prouesse révolutionnaire! Le pouvoir algérien est en train de mener à son terme le « dépérissement de l’Etat », l’idéal communiste que ni la Révolution d’Octobre ni la Longue Marche de Mao n’ont pu atteindre.

Ministre du commerce souffre-douleur

Malheureusement, les auditions ramadanesques du président de la république qui n’ont même plus d’effet d’annonce, ne changeront rien à la couleur noire du tableau. Mieux, ces auditions sont une preuve par l’absurde du dysfonctionnement plus que du fonctionnement des rouages institutionnels de l’Etat. Il n’est pas juste, alors, que la presse fasse ses choux gras de la gamelle que s’est ramassée le pauvre ministre du Commerce, M. Djâaboub, lors de son passage à l’oral d’El Mouradia.

Soyons sérieux quand même, si le ministre du commerce à lui seul peut réguler le marché, ramener la spéculation sur les prix et les produits à un niveau supportable, éradiquer le commerce informel qui gangrène l’économie, jeter en prison la mafia du ciment et du sable, à ce moment-là on pourrait alors dire que l’Etat algérien existe et qu’il n’a ni « concédé » ses territoires d’exercice ni renoncé par commodité sociale et faiblesse à ses prérogatives et attributs régaliens.

Il faut pourtant rendre justice à ce souffre-douleur de Djâaboub qui a eu en maintes occasions le courage de pointer le doigt dans la bonne direction : « L’éradication du marché informel, c’est de la responsabilité du ministère de l’Intérieur ». Logique, imparable ! Dans les gouvernements cohérents et les pays sérieux, le ministère de l’Intérieur est une épine dorsale de l’Exécutif. Aucun ministère, aucune institution de l’Etat ne peut valablement accomplir sa mission si le bras séculier de l’Etat n’est pas à sa disposition. Mais quel problème lancinant et récurrent que celui de la force publique en Algérie ! «Le respect de la loi commence par la peur (dans le sens du respect de l’autorité juste) du gendarme», nous apprenaient nos instituteurs quand une vraie éducation civique était encore à l’honneur.

Mais tout n’est pas aussi noir dans le tableau du ministre du commerce. La presse ne doit pas être amnésique en ne rappelant pas qu’il a à son actif un succès que seuls les importateurs de pièces détachées ne sont pas près d’oublier tant il leur a donné du fil à retordre. Disques d’embrayage, butées, soupapes, maîtres cylindres et autres quincailleries mécaniques doivent être impérativement orthographiés en arabe sur leur emballage sous peine d’être refoulés des ports. Bon, ça n’a pas diminué la contrefaçon, bien au contraire, mais chacun a le succès qu’il peut.

Succès du reste partagé par son homologue de la Justice avec le nouveau code de procédure civile en vertu duquel les tribunaux n’acceptent de rapports d’expertise que rédigés en arabe. C’est sûr, il en est résulté des complications, mais c’est un succès qui se rajoute aux… « succès qu’on peut ».

L’Etat est dans ses (mauvais) états, décidément. Il suffit, pour être édifié, de compiler tous ces classements d’organisations et organismes qui classent les pays par performance et efficacité dans des domaines tels que l’investissement, la joie de vivre, la lutte contre la corruption, le développement humain…Notre pays est toujours classé dans la deuxième moitié du listing, généralement vers le dernier quart avant la lanterne rouge.

Mais en juillet dernier, la boucle a été bouclée avec un autre classement où l’Algérie ferme carrément le tableau. A l’olympiade internationale de mathématiques de Brême, en Allemagne, en juillet dernier, la délégation des matheux algériens (niveau terminale) a terminé au 104è rang sur …104 participants, derrière le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie classés respectivement 74è, 77è et 98è. Même l’absence de la fameuse « bosse des maths » ne pourra être invoquée pour justifier un tel désastre.

La même olympiade a donné les Algériens 27è en 1982 et 21è en 1986. Sauf défaillance de mémoire, nos lycéens auraient même été classés premiers dans les années 70. Voilà pour les cadres techniques et les savants de demain. Il ne sert à rien de se faire du mouron, car au chapitre des succès qu’on peut, la satisfaction est à chercher ailleurs. Et elle est à l’actif, bien sûr, du ministre de l’Education nationale qui a décidé de faire porter blouse à la population scolaire, bleue pour les garçons et rose pour les filles. En attendant le déclin des mathématiques et de la science peut tranquillement continuer.

A.H.
















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