Au pays des seuls enfants de chouhada et des moudjahidine, les vrais et les faux
Mise à jour le Mercredi, 14 Octobre 2009 17:19 Écrit par Mas Aghilès Mercredi, 14 Octobre 2009 10:59
La pension des veuves de chahid sera reversée aux enfants en cas de décès des bénéficiaires, a déclaré mardi M. Mohamed Chérif Abbas, ministre des Moudjahidine, sur les ondes de chaîne II de la radio nationale.
"Il ne fera pas long feu" de Hamid Grine. Portrait robot d’un directeur de journal à l’ère de la presse dite indépendante
Écrit par Mahiout M Lundi, 12 Octobre 2009 20:32
C’est une invitation franche à méditer que nous lance Hamid Grine à travers son dernier roman "Il ne fera pas long feu" paru aux éditions Alpha. Méditer autour des questions des rapports de la presse à l’argent et au pouvoir, de la place social des nouveaux riches et des chamboulements sociaux qui en ont résulté…
A travers la personnalité ambiguë et complexe de Hassoud (l’envieux), directeur d’un journal, l’auteur nous fait explorer l’univers féerique d’un parvenu. Hassoud, au "cœur trop sec pour aime"’, "rejeté par sa Mère" et qui aurait voulu être le fils d’un "notable ou d’un haut fonctionnaire, peut-être même d’un héros de la révolution mort au champ d’honneur", pense que "personne ne l’aime".
Devenu directeur de son propre journal spécialisé dans le chantage et l’extorsion des fonds, il va tenter de prendre sa revanche sur toutes ses frustrations, ‘[…] comme tous les parvenus qui arrivent à une position qui leur permet de s’offrir ce dont ils ont été frustrés durant leur enfance’.
Il se permet même, et pourquoi pas, des fantasmes politiques, et rêve d’un poste ministériel qui lui permettra de mettre en œuvre sa doctrine politique, se promettant que "toute personne qui bouge serait bastonnée publiquement".
Au sortir d’une entrevue avec Messaoud, patron d’une importante entreprise, il sent son rêve à protée de main : ce dernier l’a chargé d’abattre, à travers son journal, le chef du gouvernement, tombé en disgrâce. En échange d’un poste ministériel et … 100 milliards. A son rédacteur en chef qui essaie de lui expliquer les dangers d’une telle mission, il fera remarquer "ceux d’en haut [l]’ont choisi pour être porte-flingue".
Pour bien réussir cette mission patriotique de débarrasser le pays d’un mauvais chef du gouvernement, il va faire appel aux services d’une voyante, la cheikha Zoulikha. Au passage, il lui demandera d’intercéder en sa faveur pour avoir le poste de chef de gouvernement et l’aider à conquérir la belle Assia, sa collaboratrice.
Son forfait commis, il attend sa récompense lorsque deux agents de la police viennent le cueillir au siège de son journal. Il leur explique qu’il s’agit d’un malentendu, qu’il attend sa nomination au poste de ministre, qu’il ne peut pas être arrêté comme tout le monde, "car en tant que directeur de journal, il pense qu’il est au dessus des lois…".
C’est plus tard qu’il apprendra par son avocat qu’il a été l’objet d’une machination orchestrée par Messaoud pour venger son demi frère que le chantage et les calomnies de Hassoud ont poussé au suicide.
En définitive, ce roman fait partie des livres qui interpellent.
D’abord parce qu’il dresse un portrait robot du parfait parvenu qui a acquis son statut non par son talent mais par son argent. Car s’il est vrai que ‘ce n’est pas avec de l’argent qu’on devient journaliste’, il n’en demeure pas moins vrai que c’est par l’argent – et presque uniquement par l’argent- que l’on devient patron de presse. Par le détournement de l’aventure intellectuelle et la pollution du paysage médiatique par des titres qui n’ont d’autres ambitions que de servir ceux qui paient.
Ensuite parce qu’il repose le débat sur les rapports de la presse avec l’argent et le pouvoir.
Enfin parce qu’il pointe du doigt la panne de l’encenseur social. En ce sens que ce ne sont plus les qualités et le mérite qui font émerger les individus mais l’encanaillement, la servitude et la docilité. Tout un programme.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, ce roman mérite d’être lu.
Mahiout M












