Mercredi, Mars 10, 2010

Grève : les cheminots menacent de passer à l’action


Rien ne va plus entre la fédération nationale des cheminots et la direction générale de la SNTF. La décision de cette dernière d’augmenter «à seulement 12% les salaires des personnels toutes catégories confondues» est à l’origine du mécontentement.

Les travailleurs observeront une journée de protestation mercredi 8 juillet, si aucune suite positive n’aura été donnée la veille à leurs revendications. Celles-ci se résument, selon un communiqué du Conseil exécutif de la fédération, en une phrase : «la FNC demande l’application pure et simple de la grille préconisée par l’INDEFOC qui représente une revalorisation conséquente des salaires».

Si aucun détail n’est donné sur le contenu de la grille élaborée par cet organisme spécialisé en organisation et audit des entreprises, tout est par contre connu sur les revenus des cheminots. Vendeur de tickets, conducteur de trains, contrôleur, chef de gare, personne n’a de salaire de base au dessus des 12 ou 13 000 DA.

Une misère dans laquelle les agents de sécurité s’enfoncent encore plus. Les usagers du train se demandent si, à 10 000 DA/mois, cette catégorie doit veiller à la sécurité des voyageurs et des équipements ou, plutôt, lutter contre l’insécurité qui guette leurs propres familles. D’où, probablement, le laisser aller visible dans les trains diésel et automotrices.

Que les gens fument, crachent ou, pire encore, font preuve d’incivisme, personne n’est là pour faire respecter l’ordre et maintenir en l’état les nouveaux trains. Sans parler de ceux qui ne payent jamais leurs tickets. Véritable règne du «qui contrôle qui ?» où «le bourreau» est en même temps une victime. Eu égard, d’abord, au risque de voir une journée de protestations se transformer en grève illimitée ; et à cause, ensuite, de l’état de faillite dans lequel baigne la société.

La SNTF, dont le chiffre d’affaires ne couvre même pas 30% de la masse salariale, dispose d’un délai de 5 ans pour réussir la mise en œuvre de son plan de redressement. Son Directeur Général déclinait, récemment devant le Conseil de la nation, des chiffres qui faisaient ressortir un déficit de 6,5 milliards de dinars en 2008.

Alors que, la même année, les créances étaient estimées à 1,4 milliards de dinars, les charges, elles, caracolaient à hauteur de 50 milliards de dinars. Les dettes d’exploitation et d’investissement atteignaient, la première 20 milliards de dinars et la seconde 34 milliards de dinars pour un chiffre d’affaires d’à peine 4,4 milliards de dinars.

Un chef d’œuvre de déstructuration financière auquel les pouvoirs publics ont consacré, la semaine écoulée, un conseil interministériel pour décider le gèle pendant 5ans des dettes de la SNTF.

Une bouée de sauvetage, une seule face aux vagues annonciatrices d’un réel tsunami social. Le secrétaire général de l’UGTA, qui a reçu hier après-midi les représentants fédéraux des cheminots, devrait multiplier les va et vient entre la DG et le gouvernement.

Personne n’a intérêt à voir le transport ferroviaire dérailler.



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